Aappareil photo reflex, sacoche en cuir : conçus pour durer ?

L'indice de réparabilité fait florès

Date de publication20 janvier 2022

Un « plan fédéral pour l'économie circulaire » a été annoncé en Belgique. Comme l'explique RTL (13 janvier 2022), il est question, entre autres, de « favoriser la réparabilité via l'affichage d'un indice de réparabilité » et de « fournir de l'information sur le maintien de la compatibilité logicielle » ; à ce titre, « le consommateur sera informé de la durée pendant laquelle son appareil supportera les mises à jour successives ».

L'Alpe d'Huez fait transformer des véhicules pour les convertir à l'hydrogène

Date de publication15 janvier 2022

« Ce jeudi 13 janvier [2022], la collectivité a annoncé l'acquisition de cinq dameuses et trois bus fonctionnant à l'hydrogène. […] Rétrofitées par GCK Industry, filiale de GCK, les trois dameuses seront issues de la gamme "Select" du fabricant allemand Kässbohrer. […] Le premier véhicule sera mis en test durant la saison 2022-2023. Une façon de réaliser les derniers calibrages avant la mise en service des cinq unités, prévues pour l'hiver 2023-2024.[…] Les trois bus hydrogène […] seront également des modèles rétrofités. Sans préciser le modèle qui servira de base à la conversion, GCK indique que ces bus hydrogène seront équipés d'un moteur de 210 kW alimenté par une pile à combustible de 55 kW et une batterie complémentaire. Le premier prototype sera livré fin 2022. La phase d'homologation suivra l'année suivante en vue d'une mise en service des trois véhicules pour début 2024. »

Scandale des moteurs Renault 1.2 TCE : la négligence des clients a parfois aggravé les choses

Date de publication13 janvier 2022

À la lecture de cet article, la responsabilité du constructeur apparaît manifeste. Dans Challenges (10 janvier 2022),  Éric Bergerolle souligne toutefois que les défauts de ce moteur ont pu être corrigés à temps sur un certain nombre de véhicules en circulation, selon leurs conditions d'entretien.

 

« Dans le cas du moteur à essence connu sous les appellations commerciales de Renault 1.2 TCE, Dacia 1.2 TCE et Nissan 1.2 DIG-T (types H5Ft et HRA2DDT produits de 2012 au 11 mai 2016), le calculateur électronique qui supervise tous les paramètres de fonctionnement autorisait une pression trop faible dans le collecteur d'admission, qui ne s'opposait plus à la remontée d'huile à hauteur du joint d'étanchéité du piston (appelé segment de piston). D'où une consommation d'huile anormalement élevée, et l'obligation de procéder à un apport de lubrifiant avant l'heure de la vidange. »

« Nous employons l'imparfait car, selon nos confrères du journal spécialisé L'Argus, ce défaut – détecté par Renault en 2014 – a donné lieu à une reprogrammation du calculateur lors du passage en atelier des véhicules pour la révision. […] Hélas ! Tous les véhicules n'ont pas été religieusement entretenus dans le réseau Renault, quand d'autres se présentaient avec retard à la vidange, par négligence de leur propriétaire. Résultat, certains des moteurs concernés par ce mauvais calibrage électronique ont pu fonctionner avec un niveau de lubrifiant trop faible, avec des conséquences variables. »

« Des cas d'allongement, voire de rupture de la chaîne de distribution – avec pour conséquence la destruction du moteur – ont été rapportés à l'association de consommateurs UFC-​Que Choisir, qui décidait en 2019 de mettre Renault, Dacia, Nissan et Mercedes en demeure de dédommager les propriétaires des véhicules concernés. Sans grand effet jusqu'alors. »

« Au printemps 2019, le quotidien Le Monde obtenait de source interne la preuve écrite que le Groupe Renault avait conscience de l'ampleur du phénomène et de la gravité du défaut, qui toucherait potentiellement 400 000 à 600 000 véhicules en Europe. »

Pour autant, le constructeur se contente d'examiner au cas par cas les demandes individuelles d'indemnisation et de prise en charge des frais de réparation formulées par ses clients. […] Un avocat français a décidé d'aller plus loin, pour accélérer la cadence. […] Maître Christophe Lèguevaques et ses associés lancent officiellement ce jour, 11 janvier 2022, une "action collective conjointe" contre Renault, Nissan et Dacia. »

« Comme toujours, dans le cas d'une action collective conjointe, le demandeur qui s'inscrit et paie pour faire représenter ses droits bénéficie de la mutualisation des coûts de la procédure. "Plus vous serez nombreux, plus le Groupe Renault Nissan Dacia sera enclin à discuter, à vous respecter et à vous proposer des solutions amiables", avance ainsi la plateforme Myleo.legal. En échange, cette dernière prélèvera à titre d'honoraires "12% TTC des sommes récupérées par le client, soit par voie judiciaire, soit par la négociation." »

« Le client demandeur est libre de choisir entre débourser 498 euros pour voir son nom et son dossier cités directement par le juge, ou bien seulement 159 euros pour le seul référé-probatoire. La différence? Celui qui s'en tient à la première phase du référé-probatoire (sans enquête approfondie) obtient certes une réponse en l'espace de quelques mois. Mais seul celui qui débourse les 498 euros peut espérer toucher la pleine indemnisation, dans l'éventualité où le Groupe Renault serait reconnu pénalement coupable. Ce qui ne saurait arriver qu'après une longue enquête, le juge d'instruction. »

Un excellent article sur l'ampoule de Livermore

Date de publication5 janvier 2022

Sophie Lebrun nous convie « à la découverte de l'ampoule qui ne s'éteint jamais ». Cela dans les colonnes de La Vie (4 janvier 2022). Non seulement elle évite l'écueil du complotisme, mais en plus, elle livre des détails intéressants, méconnus, sur la conception de ce vestige érigé en fétiche. C'est assez rare pour être souligné !

« Ces dernières années, des observateurs critiques de la société de consommation ont lié le destin de "l'ampoule centenaire" à l'obsolescence programmée. Dans un documentaire remarqué, diffusé sur Arte en 2013, est présentée une théorie selon laquelle toutes les ampoules pourraient durer des dizaines d'années si les constructeurs se s'étaient pas accordés pour brider leurs produits. »

« Les coupables ? Le "cartel Phœbus". Les entreprises Philips, Osram et General Electric se sont bien associées entre 1924 et 1939 dans le but de contrôler la fabrication et la vente des lampes à incandescence. Sauf que l'enquête de l'autorité de la concurrence britannique, menée dans les années 1950, a montré non seulement qu'ils avaient échoué à s'accorder sur les prix sur le long terme, mais aussi qu'ils n'avaient jamais abordé la question de la durée de vie des ampoules. »

« Pourquoi l'ampoule de Livermore, elle, ne s'arrête-t-elle pas ? Les scientifiques n'expliquent pas complètement ce phénomène. Si l'on sait que son filament est en carbone, les secrets de sa fabrication ont été bien préservés à l'époque et la "recette" chimique dans laquelle il a été plongé est restée inconnue. »

« Son concepteur, Adolphe Chaillet, un Français installé à Shelby, dans l'Ohio, aurait voulu créer une ampoule qui éclaire plus fort que les autres – et non pas plus longtemps. Et c'est peut-​être parce qu'elle fait l'inverse qu'elle dure : conçue pour une puissance de 60 W, elle ne consomme plus que 4 W aujourd'hui et ne produit plus que 0,3 % de sa luminosité d'origine. Son rendement a chuté tout en augmentant sa durée de vie. Jusqu'à quand ? »

Obsolescence programmée, économie circulaire : curieuse méprise

Date de publication5 janvier 2022

« Le meilleur moyen de lutter contre l'obsolescence programmée est d'opérer une transition vers un modèle d'économie circulaire », est-il affirmé dans ce média intitulé Chut (28 décembre 2021).

C'est à se demander si les mots ont encore un sens !

Une économie devient « circulaire » dès lors que rien ne s'y perd et que tout s'y transforme, pour paraphraser Lavoisier. Dans cette perspective, les produits n'ont pas nécessairement vocation à durer, la priorité pouvant être donnée au recyclage, par exemple…

Pour Samsung, un téléviseur est censé durer sept ans

Date de publication4 janvier 2022

« Samsung est bien décidé à en finir avec les piles jetables dans les télécommandes », rapporte I-Génération (3 janvier 2022). Plus précisément, le fabricant prévoit de « collecter les ondes radio des routeurs et les convertir en énergie ». Pourquoi pas ? Ce qui retient notre attention, c'est le calcul suivant proposé par Samsung : « En supposant qu'un téléviseur soit utilisé pendant environ sept ans, changer les piles de sa télécommande une seule fois par an signifierait que quatorze piles seraient utilisées et jetées. » Sept ans ? Telle serait donc, visiblement, la durée normale d'utilisation d'un téléviseur selon le géant coréen de l'électronique.

Collants fragilisés à dessein : une confusion de plus entre réalité et fiction

Date de publication4 janvier 2022

conseil en stratégie ». Mais bien que cela semble sérieux, on y parle, le 27 décembre 2021, d'« une obsolescence programmée imaginée par le dirigeant de l'entreprise Dupont, à l’origine dans les années quarante des bas en nylon, très solides, qui a demandé à ses ingénieurs de revoir leur copie afin de les rendre plus fragiles et de booster les ventes ». Accusation courante, vraisemblablement nourrie par le film L'Homme au complet blanc (1951), qui, toutefois, n'a jamais été été étayée. Évitons de confondre réalité et fiction !

Blackberry, c'est fini

Date de publication1 janvier 2022

« C'est une bien triste nouvelle pour les quatre derniers utilisateurs de Blackberry 10 dans le monde. L'entreprise canadienne rappelle qu'à partir du 4 janvier 2022, les services de connexion ne seront plus disponibles : cela signifie qu'à compter de mardi prochain, les appareils fonctionnant sous BB10, mais aussi BB 7.1 et PlayBook OS 2.11, ne fonctionneront plus convenablement qu'ils soient connectés à un réseau cellulaire ou Wi-Fi. […] Néanmoins, peu d'utilisateurs devraient être touchés. La version 10 de Blackberry OS remonte en effet à 2013, mais trois ans plus tard le constructeur opérait son virage vers Android. »

Radio France assure la promo de l'association Hop

Date de publication23 décembre 2021

Il y a quelques semaines, l'association Hop (Halte à l'obsolescence programmée) a bénéficié d'une exposition sur plusieurs antennes de Radio France (France Bleu, France Info et France Inter), où elle a pu diffuser gratuitement une publicité, au même titre que quelques autres organisations censées contribuer à la "transition écologique". « Un choix qui s'est opéré par un comité d'experts indépendants spécialisés dans les domaines de l'environnement, du monde associatif et de l'économie sociale et solidaire, parmi 51 dossiers déposés », selon les informations rapportées par CB News le 21 octobre 2021.

L'obsolescence programmée n'existe pas… mais la dénoncer, cela fait du tort aux tondeuses à gazon (entre autres)

Date de publication23 décembre 2021

« Dans leur grand entrepôt à Auxonne, Christophe et Évelyne Naveau, patrons d'un magasin de matériel de motoculture, conservent 180 000 pièces de toutes sortes afin de réparer les tondeuses, tronçonneuses, motoculteurs et autres appareils de jardinage »

Leur témoignage, recueilli par Le Bien public (10 décembre 2021), mérite d'être rapporté : « "Souvent, quand nos clients arrivent au magasin avec l'envie de faire réparer leur vieille tondeuse à gazon, ils sont persuadés que l'on n'a absolument rien en stock. S'ils savaient", se désole Christophe Naveau, face à ses gigantesques étagères aux cartons remplis de pièces détachées. Le patron du magasin de matériel de motoculture (ex-Ets Penneçot, nouvellement Naveau), situé dans la zone des Granges-Hautes, à Auxonne, a envie de démonter cette idée reçue. "Avec l'obsolescence programmée des appareils, les gens se disent que ceux-ci sont impossibles à récupérer une fois qu'une pièce lâche." »

Autrement dit : à force de dénoncer une "obsolescence" qui, pourtant, n'est pas forcément "programmée", on contribue à précipiter vers la casse des produits pourtant réparables… et qui, parfois, requièrent juste un peu d'entretien !